Nicolet.                                       i ji
IV
L'an 1762, le lundi 31 et dernier mai, trois heures du matin, eft comparu cn l'hôtel et par-devant nous Nicolas Maillot, etc., fieur Jean-François Bard, infpecteur et commandant la garde du boulcvart : Lequel nous a dit qu'en conféquence des ordres de M. le Lieutenant général de police ayant fait fer­mer à deux heures après minuit le jeu du nommé Nicolet fur le boulevart, Ie nommé Nicolet cadet a tenu pluficurs mauvais propos devant le public contre lui comparant, murmurant de la régularité qui étoit obfervéc. Que lui fieur Bard ayant voulu lui en impofer ct le faire taire, il n'a pas difeon- .-tinué, ce qui l'a obligé de le faire arrêter et amener par-devant nous.
Signé: Bar.
En fuite dc quoi avons fait comparoître ledit particulier arrêté, lequel, fur les interpellations par nous à lui faites, a dit fe nommer François-Paul Ni­colet, natif de Paris, agé de 30 ans, maître à danfer, demeurant cul-de-fac des Quatre-Vents, chez fés pere ct mère, paroiffe St-Sulpice. Nous a ajouté qu'effectivement le jeu ayant été fait fermer, et le monde qui étoit dedans, renvoyé fans pouvoir donner le ballet annoncé, il a dit qu'il étoit bien fâ­cheux de ne pouvoir pas contenter le public cn lui donnant ce ballet annoncé ; mais qu'il n'a pas prononcé ces paroles devant ce même public, tout Ie monde du jeu étant forti dans cet inftant. Qu'il n'a pas entendu indifpofcr perfonne en tenant ce propos. Qu'il ne méritoit pas de la part dudit fieur Bar d'être traité de drôle et de poliffon ainfi qu'il l'a fait. Dont et de quoi il nous re­quiert acte.
Signé : Nicolet.
Et par ledit fieur Bard a été dit fur ce que ledit Nicolet fe plaint qu'il l'a traité de drôle, qu'il n'a pu s'en empêcher parce qu'il lui a réfifté devant Ie public et n'a pas difeontinué fés mauvais propos lorfqu'il a voulu le faire taire.
Signé : Bar.
Sur quoi nous commiffaire, etc., attendu que ledit Nicolet a parlé haute­ment devant le public cn parlant audit fieur Bard fur l'ordre qu'il venoit de donner de ne pas repréfenter le ballet parce qu'il étoit trop tard, ce qui pou­voit occafionner grande rumeur et que d'ailleurs c'étoit réfifter mal à propos à un ordre émanant du magiftrat, nous l'avons laiffé ès mains dudit fleur